Ça faisait des mois qu'on l'attendait, qu'on l'espérait, qu'on en rêvait et à l'aube du 3 juin, non non je ne me trompe pas tout a commencé ce jour-là, j'ai senti que ça
allait enfin arriver.Dialogue dans ma chambre de jeune-fille chez ma mère, au pays des pêcheurs de lune, vers 6H00 du matin :
- Zépoux, Zépoux ! j'ai des contractions je crois !
- Oui oui, je suis là, ne t'inquiète pas ... dors !
- Hé ! l'endormi, il faut aller à la clinique ...
Branle-bas de combat général ... ma mère échevelée me sourit benoîtement, elle a du mal à émerger le matin et mon homme aussi.
A la clinique, la sage-femme sourit après avoir jeté un oeil à mes contractions et me dit "oh la la, ça va pas être pour aujourd'hui ni pour demain ma petite dame ... allez donc vous promener si vous voulez accélérer les choses !".
Moi, j'ai un gros défaut, quand je veux un truc il me le faut tout de suite, et quand on me promet quelque chose je veux qu'on respecte sa promesse. Mon Gynéco m'a dit il y a 8 mois de ça "Ce sera pour le 3 juin !", alors MOI, j'ai décidé que mon bébé tant attendu viendrait aujourd'hui na !!!
Alors on a roulé, on a été se balader le long de la plage, j'ai mangé 2 kilos de cerises, on a été faire un coucou à ma belle-mère, on a été à Montpellier acheter quelques trucs qui manquaient pour l'"après" qu'on a été déposer à Palavas dans notre petit appartement ... puis la mort dans l'âme je suis revenue chez ma mère. Après le repas du soir je m'installe dans le fauteuil devant un film avec Romy Schneider ... mais je n'arrive pas à le suivre, je ne me souviens plus du tout d'ailleurs de quel film il s'agit. Je regarde la trotteuse de ma montre ... mon dos me fait super mal toute les 10 minutes, ça tire ... mais je ne veux pas crier au loup de nouveau ... quand les crises ne sont espacées que de 5 minutes je regarde Zépoux et là je lis au fond de ses yeux que c'est maintenant.
Ça a été encore bien long, je me suis battue contre la sage-femme qui voulait que je reste dans mon lit à plat dos alors qu'en boule sur le carrelage de la salle de bain j'étais bien mieux pour supporter les vagues de contractions.
Et voilà, j'aurais du me douter que Funnyface n'en ferait qu'à sa tête, qu'elle serait spéciale, hors du commun et qu'elle bouleverserait ma vie, mes idées sur les enfants et leur éducation. Elle a tenu bon, au fond de mon utérus jusqu'à 6h45 le 4 juin et non pas le 3 comme je le voulais ! Sacré petit bout de bonne femme, hurlant à tue tête à peine sortie et entreprenant déjà, tel Cortex, de conquérir le monde en commençant par ravir mon coeur et celui de son père en admiration devant ces 4kg50 d'amour ...
Toute ces années après je me souviens avec tendresse et bonheur de ces premières heures, c'était hier en fait !
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